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Réforme des retraites : “Protester, oui, mais surtout gagner”

par Magda | 23 septembre 2010

Jeudi 23 septembre, nouvelle mobilisation contre la réforme sur la retraite. À la veille de ce jour-test, quelle analyse et quelles prévisions livrent deux syndicalistes encartés dans deux syndicats, FO et la CGT ?

Nouveau jour de grève en ce mois de septembre contre la réforme des retraites engagée par le gouvernement, après un premier vote favorable de l’Assemblée nationale. Côté salariés, entre la tentation voire la volonté de suivre le mouvement et la pénalité d’un nouveau jour qui saute sur la fiche de paie, quel argument l’emportera ? “Les gens qui ont leur carte dans un syndicat manifesteront quoi qu’il en soit. Ils ont une culture syndicale, ils savent que les anciens ont obtenu des avancées sociales dans la douleur”, analyse Alain Tortosa, secrétaire FO d’un CHSCT (1) dans la grande distribution. Quant au risque encouru par le salarié gréviste d’un retour de bâton de la part de son employeur, il équivaut à zéro selon lui, “tant le mot d’ordre est fort”. René Defroment, membre du bureau fédéral de la CGT Construction, va même plus loin : “Le salarié fait la grève pour son droit à la retraite, pas contre son employeur. Dans le cas présent, l’employeur peut même être favorable au mouvement : il sera impacté directement quand il aura à gérer du personnel de 65, voire 67 ans !”

Un parfum de 68 ?

Avec la grève à répétition, ne serait-ce pas un petit parfum de 68 qui risquerait de flotter à nouveau sur la France ? “Non”, annonce clairement René. “En 68, on était sur des revendications salariales, avec des bastions ouvriers forts et une jeunesse qui poussait. Par rapport aux mouvements de 1995 ou 2003, il y a aussi une grande différence : une partie du salariat était mobilisée tous les jours, appuyée tous les trois jours par une action de l’intersyndicale.” La grande question qui reste donc posée pour l’heure reste l’ampleur des défilés de demain, si toutefois elle peut impressionner le gouvernement. “Selon les sondages, rappelle René, deux tiers des salariés sont contre l’allongement de la retraite de 60 à 62 ans, mais la moitié d’entre eux pense que c’est déjà plié ! Mais quelle que soit la longueur des défilés, le gouvernement ne reviendra pas en arrière. Il n’y a que si le mouvement faisait tache d’huile, qu’il y ait blocage économique du pays…” Alain voit réunies les conditions d’une évolution vers une grève générale. “Si une énergie, une dynamique de groupe se met en place, ça peut arriver… Jusqu’à maintenant, la grève était calme et moutonnière, mais des courants plus radicaux peuvent émerger si le mouvement est réprimé trop fortement. Dans un contexte tendu comme ça, la manifestation peut devenir plus violente dans l’esprit et dans les têtes.” “Il suffit d’une étincelle qui allumerait un feu, puis deux…”, complète René. Mais il n’en demeure pas moins que les cheminots, qui sont souvent moteur et soutien de ce type d’action, ne continueront certainement pas le mouvement, ayant été “ménagés” dans la présente réforme (2).

“Surtout ne pas descendre”

“Il faut pourtant qu’on arrive à faire comprendre aux salariés qu’on peut encore faire bouger les choses, plaide René. Mais tous ensemble, car trop souvent ils délèguent aux syndicats la mission de défendre le morceau. L’objectif n’est pas de protester, mais bien de gagner.” L’intersyndicale réfléchit déjà à une nouvelle journée d’action, pendant un week-end, ou bien concentrée sur Paris, ou encore à des actions dans les entreprises. “On est en phase montante depuis le début, analyse René. Il ne faut surtout pas qu’on descende demain.”

Magda

(1) Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
(2) Les cheminots ne seront pas concernés dans l’immédiat par le relèvement de l’âge légal de la retraite. A l’instar des agents de la RATP ou d’EDF-GDF, la refonte des régimes spéciaux les protège jusqu’en 2018.

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