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Une école au Cameroun (épisode 2)

par | 1er octobre 2010

Deuxième épisode de la saga “Isabelle monte une école au Cameroun”. Où il est question de gastronomie et d’organisation…

“Un moment de détente avec vous après des journées épuisantes, non du fait du travail proprement dit de pédagogue, mais surtout de la tension nerveuse car l’école matériellement parlant est loin d’être opérationnelle et la moindre des choses à faire relève du parcours du combattant ! Et pourtant, je me targue de bien connaître l’Afrique ; mais les Camerounais, là, vraiment, ils sont infernaux ! Pour monter un poteau avec le drapeau dans la cour (obligatoire), il te faut courir à quatre endroits différents avec, bien sûr, toutes les palabres qui vont avec ! Le tissu d’un côté, puis le couturier, et encore à un autre endroit pour la corde, rebelote pour le poteau : il faut acheter le poteau (simple tuyau galvanisé) dans un endroit, puis le porter chez un soudeur, bien sûr pas la porte à côté, et pour terminer l’amener jusqu’à l’école et trouver la énième personne qui va le dresser… Ouf ! Un sourire, maintenant. Hier soir, je revenais de l’école et je passe devant "La Cachette de la sauterelle", mon enseigne préférée de bistrot. Je fais part à mon chauffeur de mon amusement ; il me raconte alors que c’est une expression, dans leur langue, bien connue et utilisée pour parler des gens qui se "débinent". Pourquoi ? C’est relatif à une sauterelle donc, dont ils raffolent grillée. Ces sauterelles, à la différences des criquets, dés qu’elles entendent du bruit, se cachent en dessous des feuilles ou passent rapidement d’un côté à l’autre des feuilles. J’arrive à la maison où Joséphine qui s’occupe de moi, mais qui était repartie, m’avait préparé mon "manger". vous croyez savoir où je veux en venir, pas tout à fait… Je trouve donc emballée dans une feuille de bananier une pâte blanchâtre. Je goûte un peu, pas grande saveur en dehors du goût de piment. Je laisse de côté et me rabats sur des concombres et un œuf. Arrive Mathurin, mon "garde du corps", avec qui j’avais donc discuté de la sauterelle et à qui je propose cette "pâte". Il se précipite dessus, m’expliquant que c’est à base de pistache (ah bon ?) et surtout qu’il y a des "vers blancs", en fait des larves de termites, et effectivement, je vois plein des dits vers dans cette pâte ! L’histoire n’est pas finie : se joint à nous Véronique, qui m’explique alors que c’est un mets de luxe que l’on ne fait que pour les invités de marque, vu qu’il faut du temps pour récolter ces vers ! Je ne sais ce que je vais dire à Joséphine qui ne revient que samedi… »

Isabelle à Yaoundé

+ SUR LE SUJET Une école au Cameroun (premier épisode)

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